Fredlink Tours - Motorbike Safari - Kenya Tanzania Fredlink Tours - Motorbike Safari - Kenya Tanzania Le specialiste des voyages moto tout-terrain en Afrique de l'Est
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Dimanche 10 mars 2002  

 C'est le grand jour, on est réveillé par le muezzin à 5h30, c'est quand même pratique, il existe même des réveil-matin muezzins pour se réveiller au son du coran.

 6 heures dans la nuit finissante, gelés, pas très fiers, on attaque la piste "de la mort", en vrai, ça se passe plutôt bien, la piste est pierreuse avec beaucoup de tôle ondulée. mais ça roule.
 270 Km en 6 heures sous un gros soleil. La seule surprise viendra d'un léopard que je vois débouler vers 7 heures sur la piste et partir à la course sur Fred mon coéquipier qui roule devant moi. Je suis surpris et freine. J'ai cru que c'était une lionne, manifestement cet animal a pris la moto pour un gibier, heureusement la moto va vite et il ne peut pas la rattraper.

 Le léopard d'assied déçu et nous voila face à face. J'ai peur qu'il ne m'attaque, mais non, il reste là assis à me regarder. Je n'ose plus avancer, pour finir Fred revient, voit l'animal et stoppe lui aussi. C'est une très belle bête, mais à tout prendre, je préfère la voir à la télévision. Soudain, il fait demi-tour et file à grands bonds dans la savane, magnifique.

 Fred me rassure, les félins n'attaquent jamais les motos. (comme nous venons de le voir), dans ces conditions plus rien en effet à craindre sauf des éléphants qui eux attaquent tout,  on continue.

 Le paysage est superbe: arbustes, parfois la piste est mauve ou vert-amande à cause des mousses. On croise des bergers aux cheveux glaisés de rouge avec une plume blanche: ce sont des Samburus, peuple de bergers. Ils ont des lances, de grands couteaux et certains ont une kalachnikov, mais ils ne s'en servent uniquement pour défendre leurs vaches contres des ethnies rivales, parfois aussi pour régler des différents entre eux: pas grand chose à craindre.


 Quant aux bandits somaliens, pas de trace.

 A la mi-journée, on arrive à Marsabit qui est un îlot montagneux dans ce désert, c'est aussi une très belle réserve animalière. L'hôtel est des plus sommaire, mais c'est le seul.

L'après-midi, nous  rencontrons un couple de Hollandais et d'Anglais qui font séparément avec leurs femmes, des trans-africaines en land rover. Ils nous disent que la piste sera encore plus terrible après, et puis que les Éthiopiens sont souvent drogués et collants. Tout ça nous laisse de marbre, on décide de ne plus écouter les baroudeurs, d'ailleurs on n'en verra plus.

Nous mangeons dans le restaurant du village: poulet baignant dans une eau grasse avec des brisures de riz,  il y a du coca cola.

Les seuls vrais écologistes sont les Africains, pas de centrale atomique, pas de voitures, des vraies bêtes sauvages partout, pas d'industries polluantes (en fait, pas d'industrie du tout), une nourriture biologique faite de poulets rabougris, d'avortons de légumes, de vaches anorexiques, absence d'antibiotiques et une médecine naturelle par le sorcier.  

Voila où tous nos Verts devraient venir vivre plutôt que dans leurs luxueux appartements parisiens.


Lundi 11 mars 2002

- Piste 250 km et 110 km de route.
- Lever à 6 heures et départ dans la brume magnifique et inquiétante.

 Ca se passe assez bien et le désert apparaît bientôt comme les nébulosités disparaissent. C'est du sable et des pierres noires

 Un énorme cratère volcanique à gauche au fond duquel les vaches sont des points au fond. On progresse bien, On y prend goût et on commence à rouler vite: la sanction n'est pas loin, crevaison et 1 heure de réparation en plein soleil. Un peu plus loin, ce sont mes plaquettes de freins-avant qui prennent feu pour une obscure raison de levier de frein coincé.
Je tente de pisser dessus mais je suis a sec a cause de la déshydratation finalement on met de l'eau et on répare.

La piste continue en vue des montagnes de Moyale où nous arrivons en début d'après midi, sains et saufs, finalement tous ces voyageurs nous ont inquiétés pour rien.

 
 La douane se passe en deux heures.  Après quelques épisodes surréalistes de la fonction publique africaine.
 
 Nous voila en Éthiopie, premier restaurant spagetti-tomate c'est plutôt bon et puis nous roulons encore deux heures pour aller à Mega qui est un tout petit village. La route chemine rectiligne dans une lande rabougrie.

 Nous dénichons l'hôtel très sommaire: bougie, lit et porte et rien de plus, les gens y sont adorables, il y a là les tenanciers et une policière maigre vêtue d'un manteau kaki soviétique pour homme qui lui va beaucoup trop grand, on s'imagine dans la bande dessinée de Corto Maltese.

 On se parle comme on peut, ils nous offrent un café délicieux, ils vont nous chercher l'ingera (plat traditionnel), comme toujours les Français sont appréciés, les Anglo-saxons moins et encore moins les Américains, mais comme ces derniers voyagent peu et jamais en Afrique, tout va bien.
 La France, c'est Zinedine Zidane et des prises de position décalées en politique internationale qui nous posent comme les seuls à avoir le cran des contredire les Américains, donc nous sommes perçus comme une nation idéaliste, rebelle, les droits de l'homme, l'humanitaire, la révolution française. Tout ça fait de nous un peuple sympathique.
 En tout cas, c'est agréable de ne pas sentir la haine sur soi dans un pays et ce ne sera jamais le cas en Éthiopie.

Deux japonais arrivent en vélo carbonisés par le soleil, ils parlent l'amharique, voila une culture et des gens que personne ne comprend sur terre, le japonais est une énigme. 


Mardi 12 mars 2002



 On arme les motos et on part avant le lever du soleil à 6 heures.  

 La route vers Addis Abeba est belle, après un désert "menthe poivrée", viennent des collines tropicales à végétation exubérante.

 On croise quelques accidents spectaculaires comme des semi-remorques d'essence disloqués dans des pentes, des camions suspendus dans le vide....pourtant tout le monde a une conduite appliquée, il s'agirait plutôt de défaillances matérielles. Ce ne sont pas les risques qui manquent: ânes, vaches, enfants, la route est un village sur 600 Km.

 200 km avant Addis Abeba, on entre dans une zone sahélienne (la vallée du rift ) enfin après 12 heures de moto, nous sommes épuisés et nous choisissons un hôtel gouvernemental avec douche qui marche et restaurant stalinien sous-éclairé. On y mange bien: potage et viande en croquettes. La fatigue (550 Km ce jour) et le manque de sommeil se font sentir, on se couchera à 9 heures pour une bonne nuit
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